Le moment de sincérité, de la soirée est sans nul doute venu d'Enea Ferroni. Avec son numéro « Transformé la réalité », l’artiste tétraplégique a offert une leçon de courage et d'espoir. Voir le lien indéfectible qui l'unit à son cheval a rappelé à tous que l'équitation est avant tout une affaire d'âme.
Le voyage s'est poursuivi avec Buffalo & Co. Accompagnés de Jean-Marc Laurora, ils nous ont plongés dans « La rencontre des Amérindiens ». Entre costumes somptueux et technicité (notamment l'image du cheval venant s'asseoir dans la voiture) était un dépaysement total. Dans la lignée des spectacles que nous aimerions voir à Disneyland Paris.
De la poésie à l'humour britannique
Côté voltige, Lili Lafont a présenté « Pulsar ». Bien que la mise en scène, un peu sombre, ait parfois masqué la précision de ses gestes, on devinait une technique solide derrière la pénombre. L'humour a ensuite pris le relais avec Christophe Monier. Malgré des chevaux un brin distraits, son numéro « God Save the Horse » a séduit par son autodérision et sa ténacité face aux imprévus du direct.
La rigueur technique est revenue en force avec :
Thomas Chaput (Compagnie Ataó) avec « Liberté » : Un numéro de liberté avec cinq chevaux en parfaite cohésion.
Jules Coquerelle avec « Aéris » : Malgré quelques petites imprécisions aux niveaux de son beau cheval gris, sa prestation laisse entrevoir un avenir très prometteur sur les pistes internationales.
Des univers variés, du cirque au Cancan
L'Italie était représentée par l'école ADS Gulliver (Circus Academy). Portée par de très jeunes cavaliers et une chanteuse, la troupe a proposé un joli début d'histoire, inspiré de « Peter pan », bien que le final ait manqué d'un peu de lisibilité.
Dans un registre plus décalé, Laurent Galinier (Compagnie Andjaï) a « ré-expliqué les bases de l'équitation » avec « Grand Prix », un numéro plein de second degré qui a déclenché de nombreux rires. De son côté, Laure Tétard a apporté une touche de légèreté avec « French Horse Cancan », un numéro de liberté élégant, même si le public aurait parfois souhaité un peu plus de dynamisme et de danse pour honorer ce thème festif.
Un bilan en demi-teinte mais riche de promesses
La soirée s’est clôturée sur une belle performance technique de Tatiana Romanoff et Camille Kaczmarek avec « Saba », bien que le message n’ait pas totalement fait l’unanimité auprès des spectateurs. Si ce MISEC 2026 a semblé un ton en dessous de l'an dernier en termes de rythme global, il a prouvé que la création équestre reste un laboratoire vivant. Chaque artiste, par son travail et sa résilience, continue de faire battre le cœur de cette discipline unique.