Dans le paysage équestre contemporain, le terme « équitation éthologique » est souvent employé, mais reste fréquemment mal compris. Pour Elsa Gafour, qui dispense des Masterclass lors de ce Cheval Passion 2026, cette approche ne constitue pas une discipline de loisir isolée, mais un socle de connaissances scientifiques indispensable à tout pratiquant.
Réconcilier la science et la technique équestre
Pour l'experte, la discipline naît de la fusion entre la technique de monte et l'étude scientifique du comportement équin. Loin de s'opposer à la recherche de résultats, cette méthode doit être perçue comme un levier d'optimisation de la performance.
« C’est comment se comporte un cheval dans le milieu équestre. Ce n’est pas une discipline finalement et ça n’exclut pas la performance. Je dirais que ça vient complémenter l’équitation pour atteindre la performance avec éthique », précise-t-elle.
Cette vision repose sur une remise en question permanente du cavalier. Pour Elsa Gafour, l'année 2025 a confirmé une leçon essentielle : l'humilité face à l'animal. Selon elle, l'évolution de la pratique dépend avant tout de la capacité de l'humain à s'adapter aux retours du cheval, dans une quête de sécurité et de plaisir partagé.
L’erreur d’interprétation, obstacle majeur de la communication
L’un des piliers de l’enseignement d’Elsa Gafour réside dans la correction des erreurs de communication entre le cavalier et sa monture. Elle observe que la majorité des difficultés rencontrées en écurie proviennent d'une mauvaise lecture des signaux envoyés par l'animal.
La spécialiste insiste sur la nécessité de s'appuyer sur des données factuelles plutôt que sur des intuitions humaines. « L’erreur la plus fréquente que j’ai pu observer [...] c’est surtout un souci d’interprétation du cheval. Et quand on interprète mal, on agit mal derrière », analyse-t-elle. Pour y remédier, elle préconise un retour systématique aux principes de l'éthologie : comprendre comment le cheval apprend et comment il perçoit son environnement, afin de ne plus réagir en fonction de critères humains, mais bien en fonction des besoins de l'équidé.
Une intégration nécessaire dans les traditions locales
Interrogée sur la compatibilité de son approche avec la culture équestre provençale, marquée par des traditions séculaires, Elsa Gafour se montre optimiste. Pour elle, le frein ne réside pas dans les coutumes, mais dans la définition parfois floue de l'équitation éthologique.
Elle estime que cette approche doit pouvoir s'insérer partout, de l'équitation de loisir jusqu'aux exigences du spectacle de haut niveau. Son objectif est de démontrer que plus les contraintes physiques sont réduites par la compréhension mutuelle, plus la relation devient fluide et esthétique. « Les traditions n’empêchent en rien et elles évoluent depuis des années. À nous d’avoir un bon discernement et de se poser les bonnes questions », avance-t-elle.
Un rendez-vous pour la transmission
Elsa Gafour poursuit son travail de sensibilisation à travers des masterclasses quotidiennes. Elle y propose un espace d'échange pour les cavaliers confrontés à des problématiques concrètes avec leurs chevaux, en mettant l'accent sur l'accessibilité de ces méthodes.
Au-delà de la technique, c'est une invitation à transformer le regard porté sur l'animal qu'elle propose aux visiteurs, affirmant que la connexion et la confiance restent les conditions sine qua non d'une équitation pérenne.