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Samuel Hafrad de retour au Gala des crinières d’or

À l’occasion de la quarantième édition du festival équestre d’Avignon, le voltigeur Samuel Hafrad présente sa nouvelle création, « Charivari ». Ancien participant de Poney Passion devenu une figure reconnue du spectacle équestre international, l’artiste revient sur ses terres pour la cinquième fois. Entre héritage circassien et techniques de voltige moderne, il dirige une équipe de cascadeurs dans une chorégraphie collective exigeante. Dans cet entretien, il livre sa vision d'une discipline en pleine mutation, marquée par une ouverture croissante et une exigence technique renforcée par les apports de la recherche sur le comportement équin.
Par Maelys B
Samuel Hafrad : De Poney Passion aux Crinières d'Or, l'art de la voltige et du cœur

Le sol de la carrière d’Avignon n’est pas inconnu pour Samuel Hafrad. Pour ce professionnel du spectacle équestre, chaque retour dans la cité des papes réveille des souvenirs d’enfance, ceux des premières émotions vécues lors de Poney Passion. Pour ce quarantième anniversaire, il participe au prestigieux Gala des crinières d'or avec une ambition renouvelée : proposer une performance qui allie la rigueur de la voltige à l'énergie du cirque traditionnel.

Une évolution technique et structurelle du spectacle

En plusieurs décennies, Samuel Hafrad a observé une transformation profonde du milieu équestre. Selon lui, le spectacle s'est professionnalisé et démocratisé. « Le niveau a vachement évolué, l’ouverture aussi », analyse-t-il. Alors qu’il décrit ses débuts comme l’intégration d’un milieu « assez fermé » et difficile d’accès, il constate aujourd’hui une porosité nouvelle qui permet à de jeunes talents de s'illustrer plus facilement.

Cette évolution n’est pas seulement structurelle, elle est aussi technique. L'exigence des numéros présentés aux Crinières d'or s'est accrue, poussée par une concurrence internationale et une recherche constante de nouveauté. Pour l’artiste, cet événement a joué un rôle moteur dans cette dynamique d’ouverture et de montée en compétences des cavaliers de spectacle.

« Charivari » : la voltige au prisme du cirque

Le titre de sa création 2026, « Charivari », puise ses racines dans l'histoire des arts de la piste. Dans le jargon circassien, le terme désigne une succession rapide de sauts et d'acrobaties. « C’est un mélange de plusieurs disciplines, et c’est ce que j’ai voulu faire aussi en voltige », précise Samuel Hafrad.

Pour occuper l'espace du palais A, il s'est entouré d'une équipe de voltigeurs et cascadeurs confirmés, parmi lesquels Clément Ferron et Sylvain Albella. Le numéro intègre également une dimension internationale avec la présence de Caleb, un artiste venu spécialement des États-Unis. La construction de cette chorégraphie collective repose, selon le concepteur, autant sur les capacités athlétiques des intervenants que sur leur affinité personnelle, gage de l'unité nécessaire à la réussite d'une performance sous haute tension.

L’héritage des maîtres et la transmission

Le travail de Samuel Hafrad s'inscrit dans une lignée de mentors prestigieux. Il cite notamment Jean-François Pignon pour la « lecture du cheval », ainsi que Frédéric Pignon et Magali Delgado. Son passage chez Lucien Gruss ou au sein de la compagnie Hasta Luego a également forgé sa culture du spectacle.

Interrogé sur la transmission de sa passion aux nouvelles générations, l'artiste insiste sur l'importance de rendre la discipline accessible. « Beaucoup de personnes croient que ce n’est pas possible de le faire, alors que si, c’est accessible à tout le monde », affirme-t-il. Il voit dans la médiatisation et les réseaux sociaux des leviers essentiels pour promouvoir ces métiers de l'ombre et susciter des vocations chez les jeunes cavaliers.

Un ancrage émotionnel local

Au-delà de la performance technique, ce retour à Avignon est empreint d'une nostalgie sensorielle. Pour Samuel Hafrad, l’image la plus marquante reste celle de ses débuts : « C’est l’image quand j’étais enfant, cette odeur de chevaux, de spectacle, toutes ces lumières. » C’est cette même charge émotionnelle qu’il tente de transmettre dans le final de son numéro, une chorégraphie longuement répétée qu'il considère comme le point d’orgue de sa création pour cette édition anniversaire.