Entre le quartier et le manège, un pont inattendu
« Moi, c’est Amir, alias Grand Galop », commence-t-il avec un sourire. « Je monte à cheval depuis cinq ans, et c’est à ce moment-là que tout a vraiment commencé pour moi. »
Sa passion, il ne l’a pas découverte dans un centre équestre chic, mais au fil du temps, entre apprentissage et débrouille. « Petit, j’adorais les chevaux, mais ce n’était pas simple financièrement. J’ai pu commencer à monter quand j’ai eu mon premier salaire, en apprentissage. J’ai pris des cours quand je pouvais, à droite à gauche. »
Ce parcours autodidacte, il le revendique comme une force. Son pseudonyme, « Grand Galop », est devenu symbole d’un mouvement : celui de jeunes cavaliers issus de milieux où l’équitation semblait inaccessible.
Le cheval, une respiration et une école de vie
Pour Amir, l’équitation n’est pas qu’un sport. C’est une bouffée d’air. « Les chevaux m’apportent un équilibre. Quand je suis avec ma jument, je vide ma tête. Je sors du quartier, de la routine, je respire. »
Ce qu’il a appris au contact des chevaux ? « La patience, la rigueur, la remise en question. Le cheval ne ment pas. Si tu veux avancer, tu dois être à l’écoute. »
Casser les codes et changer les regards
Sur TikTok, Amir met en scène son quotidien équestre. Ses vidéos, tournées souvent « en bas des bâtiments », surprennent et questionnent. « L’objectif, c’est de montrer que le cheval n’est pas réservé à un milieu, ni à un genre. Ce n’est pas “un sport de filles”. »
Sa présence dans le paysage urbain intrigue : « Quand j’arrive avec ma jument, les enfants viennent la caresser, les adultes sourient. Ça crée du lien. C’est beau de voir cette curiosité positive. »
Mais il reconnaît aussi devoir affronter des jugements. « Certains ne comprennent pas. Ils pensent que le cheval n’a pas sa place en ville. Pourtant, ce qu’on montre sur les réseaux, c’est un extrait de notre vie. Il faut aller au-delà de l’image. »
Représenter une autre jeunesse équestre
Avec « Grand Galop », Amir inspire de nombreux jeunes. « J’ai reçu des messages de garçons qui n’osaient pas se lancer, par peur du regard des autres. Je leur dis : fais-le. Ce que pensent les gens, ce n’est pas eux qui montent à cheval à ta place. »
Pour lui, l’équitation peut être un moyen d’ouverture et d’évasion : « Le cheval, ça t’apprend à te dépasser, à respecter l’animal, et surtout à croire en toi. »
Pas une revanche, mais une fierté
« Je ne parlerais pas de revanche sociale », précise Amir. « Quand j’ai commencé, je n’avais même pas de réseaux. Mais oui, il y a une volonté de casser les codes. Montrer qu’on peut venir d’un quartier, aimer les chevaux et s’y investir. »
Parmi ses vidéos préférées, celles tournées avec sa grand-mère. « Elle adore participer, on rigole tout le temps. Ce sont nos plus beaux souvenirs, même hors caméra. »
Equita Lyon, un rendez-vous symbolique
Présent pour la deuxième année consécutive à Equita Lyon, Amir savoure ce moment. « C’est énorme. Je rencontre mes abonnés, je découvre d’autres disciplines, j’apprends encore. Cette année, j’ai même mon accréditation presse, c’est une fierté. »
Il conclut, sincère : « Ce que je veux qu’on retienne, c’est qu’on reste des humains, comme tout le monde. Les réseaux, ce n’est pas la vraie vie. L’important, c’est de rester soi-même et de partager du positif. » Voir la page Instagram - Voir la page TikTok.