Le décor de Mâcon Chaintré, sublimé par un doux parfum d’été et la silhouette de son château historique, continue de sourire aux ténors du saut d'obstacles mondial. Après la performance magistrale et pleine de symboles de la Tricolore Alexa Ferrer (lire notre article dédié), cinquante-six couples ont pris le départ de l'épreuve majeure du deuxième jour, parrainée par la Mâconnaise des Eaux by Veolia.
Le chef de piste avait dessiné un tracé initial exigeant, coté à 1,50m et fort de 13 obstacles. Si les barres se sont montrées sélectives, le chronomètre s'est également révélé être un juge de paix implacable. La Suissesse Alexandra Amar et la Française Jeanne Sadran en ont fait la cruelle expérience : malgré un parcours vierge de toute pénalité aux obstacles, deux petits points de dépassement de temps leur ont fermé les portes de la finale. Un sort similaire a touché la Tchèque Anna Kellnerovà, pénalisée d'un point de temps.
Un barrage aux allures de sommet international
Ils furent finalement quinze à décrocher leur précieux sésame pour un barrage de haut vol, mettant aux prises six nations majeures du circuit. Premier à s’élancer, le Français Marc Dilasser, associé à Giulio du Ter, s'est fait piéger à une reprise (4 points), imité quelques instants plus tard par l’Irlandais Mark McAuley sur le vertical numéro 5.
Le premier double sans-faute est revenu à un autre cavalier au trèfle, l'expérimenté Denis Lynch, qui a fixé le premier temps de référence à 42,85 secondes aux commandes de Chicago. La réplique tricolore fut immédiate. Présent pour la première fois sur cette piste bourguignonne, Cédric Angot a signé une superbe prestation en abaissant le chronomètre à 40,66 secondes, s'octroyant la meilleure performance française de l'épreuve sous les applaudissements du public.
Marlon Modolo Zanotelli intouchable
C'était pourtant sans compter sur la détermination du pilier de la sélection brésilienne. Déjà troisième lors de l'épreuve d'ouverture, Marlon Modolo Zanotelli a fait parler la vitesse naturelle et la souplesse de son brillant Fussario d’Boissailles. Serrant ses trajectoires à l'extrême et relançant parfaitement dans les grandes galopades de la piste en sable, le cavalier a franchi la ligne d'arrivée en un temps exceptionnel de 37,49 secondes. Un couperet que personne n'allait réussir à détrôner.
Le Suisse Niklaus Rutschi, bien que signant un parcours d'une grande fluidité avec Amar des Brimbelles Z, a dû se contenter de la troisième place finale après avoir temporisé à l'approche de l'ultime obstacle. Le point d'orgue du spectacle est venu de la légende vivante des sports équestres, John Whitaker. Associé à son fidèle Equine America Unick du Francport, le Britannique a fait étalage de toute sa science du tracé. En arrêtant le chronomètre à 38,85 secondes, il s'est offert une magistrale deuxième place.
Paroles de cavaliers
Marlon Modolo Zanotelli (Vainqueur) : « J’avais un excellent sentiment avec Fussario aujourd’hui. Après sa belle performance de la veille, je le savais en grande forme. Observer les premiers concurrents m'a permis d'ajuster le nombre de foulées dans les lignes. Mon cheval est extrêmement respectueux, ce qui m'a donné la confiance nécessaire pour tourner très court au roll-back devant le vertical sur bidet. C’est ici, ainsi que dans les grandes lignes droites du tracé, que nous gagnons de précieuses secondes. »
John Whitaker (Deuxième) : « Le barrage était particulièrement rapide ! Je pensais avoir mis assez de rythme pour l’emporter, mais cela n’a pas suffi aujourd’hui. Mon cheval a sauté de manière formidable et cette deuxième place reste un très bon résultat dont je ne peux pas me plaindre. Dimanche, nous serons au départ du Grand Prix avec de solides ambitions. »
Niklaus Rutschi (Troisième) : « Je nourris un léger regret car j’ai trop ralenti à l’approche du dernier obstacle, ce qui me coûte la victoire ou la deuxième place. Au-delà de cela, je suis très fier d'être ici. C’est un concours magnifique, doté d'infrastructures de premier ordre. »
Crédit Photo : © Agence Bouillot